La prise en charge des blessés au fil des époques

L’association se mobilise pour que les personnes qui ont combattu au nom de la France puissent bénéficier d’un accompagnement complet et adapté dans leur réinsertion et leur redynamisation. Si aujourd’hui, des structures existent, et si des actions ont été mises en place par les armées, cela n’a pas toujours été le cas. Aussi, ADH vous propose une rétrospective de la prise en charge des blessés, de l’antiquité à nos jours. Suivez avec nous le parcours d’un blessé de guerre à travers les époques.

L’Antiquité et les premières interrogations

La gestion des blessés représente une question complexe soulevée dès l’apparition des premiers conflits. Elle s’est accentuée avec la multiplication des armes à feu sur les champs de bataille, car les blessés se sont faits plus nombreux. Il était impossible de laisser des blessés ou des corps sans vie sur les lieux de combats et il a fallu s’organiser pour rapatrier les soldats et les soigner. Le but premier de ces sauvetages était de remettre des soldats sur pieds pour qu’ils puissent retourner au front. Nous étions bien loin d’aborder les questions de traumatismes psychologiques, seul l’aspect physique était pris en compte.

Naissance du concept d’urgence

C’est à l’époque de l’antiquité que naît le concept de « médecine d’urgence ». La nécessité d’agir vite est énoncée par Hippocrate dans son traité des maladies : « Il faut profiter de l’occasion de porter secours avant qu’elle n’échappe et on sauvera ainsi le malade pour avoir su en profiter ».

Les premiers corps de cavaliers-infirmiers, chargés de récupérer les blessés pendant les combats, datent du VIe siècle avant J.C. Les conflits et les guerres qui ont suivi ont forcé les armées à se préoccuper de la médecine de guerre et à progresser dans le domaine. Les notions de triage sans distinction de rang ni de grade ont émergé, puis ce sont les ambulances qui ont fait leur apparition.

La question des traumatismes psychiques

La prise en charge sur place des blessés a évolué au fil des conflits armés jusqu’à la Première Guerre mondiale, sans pour autant prendre en considération les traumatismes psychiques. Avant cette grande guerre, seule la blessure visible des corps était prise en compte. C’est à cette période que les dommages causés à la psychée ont commencé à faire écho dans les armées et que les premières mesures de la médecine moderne en matière de psychologie ont été prises.

La Grande guerre et ses effets

Lors de la Première Guerre mondiale, des soldats, en apparence en bonne santé, ont été incapables de repartir sur les champs de bataille. Ces combattants, souvent civils, se sont retrouvés en état de Stress Post Traumatique et il n’était, pour eux, pas possible de retourner se battre.

Les pertes psychiques

Ces phénomènes de paralysie du soldat ont été nommés « pertes psychiques » par une armée qui s’est retrouvée face à une nouvelle forme de victimes. Au début de la guerre, les médecins employaient des termes tels que « obusite » ou « hypnose des batailles » pour décrire les symptômes constatés chez ces soldats.

« Faiblesse morale »

Contrairement à la chirurgie qui avait fait de très grands progrès, les questions psychologiques étaient des éléments totalement nouveaux pour les médecins de l’époque. Manquant de preuves scientifiques, l’armée a premièrement qualifié ces abandons de « faiblesse morale ». Ces soldats ont donc eu une permission censée leur permettre d’aller mieux moralement, mais ont été laissés pour compte, sans accompagnement ni soutien psychologique. Heureusement, des médecins se sont intéressés à ces troubles, en apparence neurologiques. Ils ont, dès 1915, recensés des cas de « névroses de guerre », qui sera le terme employé, pour des blessures aucunement liées à des atteintes physiques.

Une prise en charge sur le front

Une médecine psychiatrique de guerre a alors vu le jour. Les premiers traitements ont commencé à apparaître, mais il a été difficile de repérer et traiter les soldats atteints de trouble de stress post-traumatique (TSPT). En effet, ils étaient parfois porteurs d’autres blessures ou n’étaient pas considérés comme prioritaires. 

La prise en charge de nos jours

Il faudra attendre 1992, bien après la Seconde Guerre mondiale pour que le trouble de stress post-traumatique (TSPT) soit officiellement reconnu comme blessure de guerre.

La prise en charge par l’armée

Aujourd’hui, le service de santé des armées (SSA) prend en charge les blessés de toutes natures. Concernant le soutien psychologique, des équipes médicales sont en place au plus près des zones de combat pour repérer au plus tôt les pathologies.

Il existe également 8 hôpitaux d’instruction des armées répartis en France vers lesquels peuvent se tourner les blessés et obtenir des consultations avec des psychologues et psychiatres.

Depuis les années 2010, des plans d’action ont été mis en place pour tenter de coordonner les prises en charge et d’améliorer encore les soins envers ces patients.

Des moyens insuffisants

L’armée a évolué et reconnaît le stress post-traumatique comme une blessure de guerre. Cependant, l’accompagnement est encore insuffisant. Les soldats envoyés sur les champs de bataille ne sont pas préparés à ce qu’ils s’apprêtent à vivre, et il y aurait un gros travail de prévention à faire en amont. Tout comme les corps sont préparés, les esprits demanderaient également à l’être.

Le rôle d’ADH

Des progrès ont été faits, mais il faut continuer à sensibiliser les armées, les professionnels et les soldats et à avoir recours à des associations comme ADH pour aider à la reconstruction. Le processus de réinsertion est très long, il peut parfois prendre une vie entière selon la nature et la fréquence des événements traumatiques vécus, mais tout comme pour une maladie, la rémission est possible.

La prise en charge des blessés, et particulièrement des soldats, en état de Stress Post-traumatique a évolué depuis l’Antiquité. Elle reste néanmoins incomplète et nécessite d’aller au-delà de ce qui est mis place par les armées, notamment concernant la réinsertion sociale des blessés et leur retour à la vie de tous les jours. ADH met tout en œuvre pour la redynamisation des blessés par des thérapies alternatives et des outils de gestion des émotions permettant aux blessés de retrouver de la sérénité !

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Découvrez dans cet article la raison d’être de l’Association Tégo, partenaire d’ADH depuis de nombreuses années, qui nous soutient dans nos actions de redynamisation des