Témoignage de Jean-Michel

L’association ADH a proposé à certains de nos adhérents d’apporter leur témoignage. C’est avec beaucoup d’émotions que nous vous partageons celui de Jean-Michel. Les titres ont été rajoutés par nos soins pour vous faciliter la lecture, le reste du texte vient de sa plume, notre « Jimmy ».

Départ pour l’Afghanistan

Tout commence avec un premier départ pour l’Afghanistan en 2009, une mission OMLT (coopération à la formation des forces afghanes). Ce séjour vient à son terme, lorsque dans une énième sortie, un véhicule de l’avant blindé (VAB) est endommagé par l’explosion d’un IED (engin explosif improvisé). Je passe les circonstances et les détails de la suite volontairement, car cela ne présente pas d’intérêt pour ce témoignage.

 

Retour en France, je reprends le travail après une période de congés bien mérités. L’Afghanistan n’en a pas fini avec moi car, une deuxième période encore de six mois m’attend au sein d’un groupement interarmées de la fin 2011 à la mi 2012, je travaille dans un Centre Opérationnel qui coordonne les actions sur le terrain. Pendant ce mandat, je suis confronté à ce que j’appelle « la mort par procuration ». En effet, par l’intermédiaire de la radio, je suis, comme d’autres, le premier à attendre sur les ondes radio, les décès de nos camarades. Je suis fataliste, et même si je suis touché par ces décès, je continue, nous continuons, comme j’aime le dire « LE JOB ». De nouveau en France, le travail repris, les nuits difficiles, les rapports tendus avec les personnels et la fatigue qui s’installe, je décide enfin après deux sollicitations du corps médical d’accepter une consultation psychiatrie à l’HIA Desgenettes (Lyon). 

La descente aux enfers

Avec beaucoup de réserve et avec du recul aujourd’hui, je l’accepte, le médecin me dit que je présente tous les symptômes d’un PTSD. Dès lors mise en place d’un traitement qui évoluera dans le temps. La suite, une descente « aux enfers psychologiques ». Des années de consultations, des hospitalisations, toujours plus des cachets. Comme d’autres, je pense avoir touché le fond. Une chose est sûre, ne plus comprendre le monde qui nous entoure, notre famille… Qui suis-je ? Est-ce que la vie vaut le coup ? Des tas de questions tournent dans la tête. Plus le temps passe, plus je m’éloigne des êtres qui me sont chers. Un ami qui connaît ma situation et avec lequel j’étais en Afghanistan me fait connaître l’association ADH en 2019.

L’association ADH

Premier stage avec l’association en juin 2019. J’arrive à Briançon sur la pointe des pieds, mais vite, je ressens ce sentiment que j’avais presque oublié. « L’empathie » des encadrants, des stagiaires font que je me sens bien. Un stage et après…

Se reconstruire avec « une béquille » en plus. L’association ADH ne va pas en rester là. Prise de nouvelles, point de situation sur le plan personnel et le gros morceau, le combat avec l’administration. Les stages vont se suivre et aujourd’hui j’ai effectué au total 4 stages. Tous différents, tous ont été bénéfiques pour moi sur le plan psychologique et autre. La santé retrouvée, aujourd’hui, je me projette sur le plan professionnel. Le président de ADH, Geoffrey DEMOULIEZ, est au courant de mes souhaits pour l’avenir. Je veux passer un certificat de qualification professionnelle « Technicien Vendeur Produits Sport option Cycles ». C’est lors du dernier stage en septembre 2021 sur l’île de Saint-Honorat que « Geo » me propose un stage mécanique vélo route et VTT organisé par la FCD (fédération des clubs de la défense). Je lui réponds d’être forcément très intéressé au vu de mes projets. L’action des aidants est une activité à plein temps. Au mois d’octobre, me voilà à Aubusson d’Auvergne (près de Clermont-Ferrand) à participer à cette formation d’une semaine.

jean-michel ADH témoignage

Je remercie encore ADH de m’avoir permis d’effectuer ce stage en rapport direct avec ma reconversion. Au-delà de tout ce que je viens de dire, il est important pour moi de souligner l’investissement de ADH pour les blessés des ministères de la défense, de l’intérieur. Je veux mettre en exergue l’écoute, la bienveillance et je le répète l’empathie dont fait preuve l’association par l’intermédiaire de tous ces bénévoles que je ne citerai pas, par peur d’en oublier.

Mon avenir… Aider, suivant mes disponibilités, l’association…

Après ces mots, nous souhaitons remercier Jean-Michel qui a accepté de vous partager son parcours de vie. Merci à toi Jimmy ! Aujourd’hui, Jimmy a obtenu un véritable titre professionnel, et continue son processus de reconversion et de redynamisation.

 

Si vous souhaitez vous aussi partager quelques mots et aider des personnes dans leur chemin de vie vers la redynamisation et l’acceptation, n’hésitez pas à nous contacter

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