Témoignage de Thomas

L’association ADH a proposé à ses adhérents d’apporter leur témoignage. C’est avec fierté et émotion que nous vous partageons aujourd’hui celui de Thomas. Nous vous proposons d’entrer dans la narration de son chemin de vie, une histoire bouleversante.

 

Une vie changée à jamais

La vie de Thomas, sapeur-pompier de 36 ans, marié et père de 2 enfants de 9 et 7 ans, dans le métier depuis 14 ans, a été bouleversée le 4 février 2020.

Alors que Thomas participait à une intervention, la victime qu’il était venu secourir a ouvert le feu à travers la porte, et une balle est passée à 20 cm de son visage. Thomas a vu la mort de près ce jour-là. Même s’il a été physiquement épargné, la blessure psychique est bien présente.

Quatre jours plus tard, de garde, Thomas est affecté au même engin que le jour de l’accident. Se mélangent alors l’angoisse, la peur et le sentiment d’être incapable de gérer les émotions qui le submergent. Après quelques jours d’arrêt, la vie reprend son cours, il retourne au travail et traverse la crise du covid, sans changer son mode de vie. Mais depuis ce 4 février 2020, il se sent moins patient, plus irrité. Les erreurs opérationnelles, dues à la peur constante, se multiplient entrainant des conflits avec certains collègues et notamment avec sa hiérarchie.

Au milieu du mois d’août, il se tourne vers une psychologue du travail, comme un premier appel à l’aide. Il s’implique dans des séances d’EMDR, une technique utilisant le mouvement des yeux, reconnue pour calmer le stress engendré par un événement traumatique, mais ces techniques ne lui conviennent pas. Il a l’impression que son état empire.

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L'intervention de trop

Un matin de décembre, Thomas est appelé sur une opération où un jeune homme de 17 ans se retrouve coincé sous un bus. C’est l’intervention de trop. Thomas est alors dans l’incapacité d’agir. La seule option qui semble s’offrir à lui face à ce corps est de verser des larmes, qu’il parvient à camoufler. 

Depuis ce jour, Thomas est en arrêt de travail. Plusieurs phases se sont succédées : alcool, perte de confiance en lui, envies suicidaires, problèmes familiaux, impossibilité de gérer ses enfants, perte de lien social, peur de la foule, perte de libido … Jusqu’au jour où un collègue/ami l’accompagne et le met en relation avec Michel NEE, délégué régional de l’association des gueules cassées. Cette rencontre a été le début du chemin vers un futur plus optimiste.

Des mains tendues

Dirigé vers un psychiatre à l’hôpital militaire de Percy à Clamart, Thomas est hospitalisé pendant presque 6 semaines. C’est là-bas qu’il entend parler d’ADH, grâce à Mélanie, une autre blessée.

Contacté par Geoffrey DEMOULIEZ, président de l’association (et également blessé), il décide de faire le premier stage que propose ADH en septembre 2021. Une expérience aussi bien éprouvante qu’enrichissante. La rencontre avec d’autres blessés comprenant sa situation, ses réactions, sans besoin de se justifier lui a permis de faire une pause, de se sentir plus apaisé durant une semaine.

Il nous décrit ce moment comme « une semaine où règne la bienveillance, aussi bien de la part des blessés que de l’encadrement. Une semaine de remise en question personnelle, de quiétude complète et de partage, coupé de tout, sur un site idyllique. »

Les différentes activités que l’association propose lui ont permis de connaître ses limites, de comprendre son mal-être et d’appréhender plus aisément les moments difficiles.

Lors du deuxième stage en octobre 2021, Thomas est arrivé en connaissant le fonctionnement de ces semaines et a donc pu se nourrir des nouveaux intervenants et des nouveaux blesses. Il nous rapporte que les « échanges sont intenses et sincères. La bienveillance reste le maître mot, et les rencontres avec les moines de l’île y contribuent. »

Le retour dans le monde réel ne se fit pas sans peine, mais les stages ont permis à Thomas de dissiper un peu le brouillard face à lui. Il est désormais plus confiant en l’avenir et a pris conscience que c’est petit à petit, et pas à pas qu’il pourra réussir à gérer ses émotions.

"Un grand Merci à ADH d’exister et de nous permettre de sortir la tête de l’eau. Le chemin est encore long certes, les difficultés continueront de se mettre au travers de celui-ci, mais dans un environnement plus apaisé et ce en grande partie grâce à ADH… MERCI"
Thomas Heron
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Nous souhaitons remercier Thomas pour son témoignage. Ces mots sont importants pour nous, pour lui, mais également pour vous qui nous lisez.

Aujourd’hui, Thomas continue son processus de redynamisation et nous sommes de tout cœur avec lui.

Si vous souhaitez vous aussi partager quelques mots et aider des personnes dans leur chemin de vie vers la redynamisation et l’acceptation, n’hésitez pas à nous contacter. Si vous vous sentez concerné, vous pouvez également nous solliciter pour participer aux stages ou devenir adhérent afin qu’ADH vous accompagne au mieux.

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