Comment soutenir un aidant handicap ?

On les appelle des aidants familiaux ou encore aidants naturels. Ils sont des héros du quotidien pour un grand nombre de leurs proches. Mais qui sont-ils, et comment l’association ADH peut-elle les soutenir ?

On les appelle des aidants familiaux ou encore aidants naturels. Ils sont des héros du quotidien pour un grand nombre de leurs proches. Mais qui sont-ils, et comment l’association ADH peut-elle les soutenir ?

En France, il y a environ 8 à 11 millions d’aidants qui soutiennent quotidiennement et bénévolement un proche. Dans l’impossibilité d’assurer seuls les gestes élémentaires du quotidien et la satisfaction des besoins fondamentaux, les personnes ayant besoin d’un proche aidant doivent faire face à une perte d’autonomie souvent liée à la maladie, la vieillesse ou le handicap.

Constamment en grand écart entre leur vie personnelle et professionnelle, les aidants vivent souvent deux journées en une. Mis en lumière depuis peu grâce à certaines associations ainsi que par des personnalités telles que le DR Hélène ROSSINOT, ils sortent de l’ombre pour demander la reconnaissance qu’ils méritent et un aménagement de leur temps, afin de vivre plus confortablement.

Dans cet article, nous nous intéresserons plus particulièrement aux aidants qui soutiennent un proche en situation de handicap, avec l’exemple de Pascale qui nous raconte son quotidien.

Le quotidien d’une aidante

Il y a quelques années, Pascale a vu la vie de son conjoint, mais aussi la sienne, basculer du jour au lendemain. Par la force des choses, Pascale s’est vue devenir une aidante, elle nous raconte son quotidien.

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« Lorsque le handicap se manifeste de façon subite, c’est le ciel qui vous tombe sur la tête (pour la personne concernée et pour l’aidant). Très rapidement, je dirais même urgemment, il faut faire face à un nouveau quotidien, sans aucun repère de fonctionnement, et trouver la ressource et l’énergie nécessaires pour mettre en place des moyens qui permettent de gérer la vie de tous les jours sous un format totalement bouleversé :

  • Équiper le domicile avec un matériel qui facilite la mobilité et qui aide à subvenir aux besoins essentiels de la personne en situation de handicap ;
  • Veiller à la sécurité de la personne en cas de traitements médicamenteux lourds (tel que la morphine ou kétamine) qui entraînent une perte des repères, les personnes deviennent un danger pour eux-mêmes ainsi que pour les autres du fait de la perte de lucidité.
  • Mettre en place un protocole médical. Dans notre cas nous avons pu bénéficier d’une hospitalisation à domicile (HAD) avec une équipe qui venait 2 à 3 fois par semaine. C’est très rassurant puisqu’en plus d’être assistés par des professionnels, il y avait un réel suivi de l’évolution du handicap.
  • Pour ma part, à l’époque j’ai pu négocier 2 à 3 jours de télétravail par semaine avec ma direction. Mais avec le temps et les changements de manager, 1 seul jour m’a finalement été accordé. Dans ce cas de figure, il est impératif de pouvoir s’entourer de proches et d’amis compréhensifs afin d’assurer une « relève de garde » permettant à l’aidant de prendre du temps pour lui.
  • Constituer un dossier auprès de la Maison Départementale de Personnes Handicapées (MDPH) : cela demande énormément de temps et d’énergie. Le remplissage des documents est très long et complexe. Lorsque le dossier a été accepté, nous avons eu accès à une PCH (prestation de compensation du handicap), c’est une aide technique avec une subvention pour acheter du matériel. Une PCH aide humaine nous a également été proposée. »

« Il faut savoir qu’aucun aidant n’est préparé ou formé pour s’occuper d’une personne en situation de handicap quotidiennement. Outre la charge mentale que cela crée à l’aidant, la charge physique (porter la personne lors des transferts, porter le matériel médical, etc.) peut être traumatisante pour le corps à plus ou moins grande échelle.

La charge émotionnelle est également lourde et pesante : peur des réactions aux différents traitements, peur d’une chute ou qu’il se soit passé quelque chose durant mon absence, etc.

Aucune aide psychologique n’est mise en place pour assurer un suivi des aidants.

Peu à peu toutes ces angoisses et bouleversements s’apprivoisent et en posant un « cadre » de vie strict et bien réglé, on parvient à gérer. Mais cela reste très épuisant, même si on peut voir dans le fait d’accompagner la personne avec laquelle on vit, quelque chose de gratifiant. Attention toutefois, il est primordial que la personne en situation de handicap ne se sente pas dépendante ou redevable auprès de l’aidant. »

ADH apporte son soutien aux aidants

ADH soutient la redynamisation et la réinsertion sociale des soldats blessés, mais l’association souhaite également soutenir, accompagner et épauler les aidants. Forte de constater que les personnes qui soutiennent les blessés sont trop souvent oubliées, ADH a mis en place quelques solutions afin de leur permettre de s’épanouir :

  • Une écoute attentive auprès des membres de l’association
  • Une mise en relation possible avec d’autres aidants qui font partie d’ADH
  • Le souhait de mettre en place un stage à Saint-Honorat qui leur est dédié. Il consistera à proposer une parenthèse leur permettant de se ressourcer, et à aider à la mise en place d’outils de dialogue. Ce stage devrait avoir lieu du 23 au 30 juin 2021 et offrira la possibilité aux aidants de prendre part à des activités aquatiques, des activités de travail de la terre ainsi que des outils de gestion des émotions.

En conclusion, être un aidant est une tâche prenante qui peut avoir des répercussions physiques et psychologiques. ADH n’oublie pas que c’est aussi grâce aux aidants que les blessés se positionnent sur la voix de la redynamisation et de l’acceptation. C’est pourquoi il est important de prendre soin d’eux, comme eux prennent soin des blessés.

« SORTIR DE LA BLESSURE EN SORTANT DES SENTIERS BATTUS »

Association Au-Delà de nos Handicaps

07 69 73 01 82 – contact@assoadh.org

459 chemin de la Source – 14 clos Pascal – 83300 DRAGUIGNAN

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L’ASSOCIATION ADH & SES MEMBRES ACTIFS

« Au-Delà de nos Handicaps », reconnue d’intérêt général, soutient la redynamisation et la réinsertion sociale des personnes handicapées, en particulier par la pratique d’activités de pleine nature et la découverte d’outils de gestion des émotions.

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ADH AFFILIÉE À LA FCD

Geoffrey Demouliez est le Président de l’association « Au-delà de nos handicaps », et très récemment il a été nommé au comité directeur lors de l’AG 2020 de la Fédération des Clubs de la Défense.